L’industrie de la parfumerie

L’Industrie Française de l’Aromatique recouvre le secteur des matières parfumantes pour les produits de parfumerie, de beauté et de toilette, pour les savons et les détergents et produits d’entretien ainsi que le secteur des matières aromatiques pour les Industries alimentaires et pharmaceutiques.

Plongeant ses racines dans un très lointain passé puisque les premières distilleries ont été créées dans la région de GRASSE dès le XVIième siècle, elle a su au fil des ans s’affirmer, se développer, rayonner sur le monde entier et s’adapter sans cesse à l’évolution des moeurs, des techniques et des législations. L’industrie française est au centre de l’Industrie Mondiale de l’Aromatique à laquelle elle apporte son dynamisme et ses spécificités.

Ouverte sur le monde, notre Industrie l’est par double nécessité :

  • elle se procure ses matières premières (en dehors des fleurs et plantes à parfum de qualité exceptionnelle fournies par notre terroir) sur tous les continents. Nos principaux fournisseurs sont en effet : l’ITALIE, les ÉTATS-UNIS, la CHINE, l’INDONÉSIE.
  • ses clients, déjà divers par nature, se trouvent répartis sur toute la surface du Globe : ÉTATS-UNIS, ALLEMAGNE, JAPON, ROYAUME-UNI, constituent nos marchés les plus importants.

Parmi les entreprises de l’industrie de l’aromatique,  les 16 sociétés leaders représentent un Chiffre d’Affaires total de plus de 1,27 milliard d’Euros (+ 5,8 % par rapport à 2017) et

886,7 millions d’Euros à l’export (+ 8,9 % par rapport à 2017). En termes d’activités, à noter une progression de + 9,2 % du Chiffre d’Affaires en Arômes Alimentaires, et de + 4,6 % pour la Parfumerie (représentant 72,9 % du Chiffre d’Affaires total).

Le chiffre d’affaires pour les Produits Naturels atteint 198,5 millions d’Euros en progression de 5,7 % par rapport à l’année 2017. Résultats aussi positifs pour l’emploi, avec une progression de + 3,0 % par rapport à 2017. (4352 salariés en France pour les 16 sociétés)

Cette industrie continue d’évoluer dans le respect d’une exigence toujours plus grande de qualité et dans la recherche d’une totale sécurité d’emploi au niveau de l’utilisation et de la consommation.

Ce but est atteint grâce à l’approfondissement des connaissances sur les constituants déterminants de nos matières premières et grâce aux études toxicologiques menées en commun par nos entreprises dans le cadre du RESEARCH INSTITUTE for FRAGRANCE MATERIALS (RIFM), qui aboutissent aux recommandations formulées par nos deux instances internationales, l’IFRA et l’IOFI, (International Fragrance Association et International Organization of the Flavor Industry).

Ces recommandations sont souvent prises en compte lors des discussions menées au sein d’organismes officiels internationaux, tels que la Commission Européenne.

Ces travaux se prolongent enfin par les études conduites au sein de chaque entreprise par des équipes de scientifiques de haut niveau disposant d’appareillages d’analyse et de contrôle de plus en plus performants.

Ainsi se trouve assuré sur un marché, heureusement porteur, l’avenir d’une industrie française dynamique qui s’appuie :

  • sur des équipes de créateurs qui, grâce à leurs connaissances approfondies du monde des odeurs et la disponibilité des plus belles essences, savent réaliser pour la Parfumerie française et mondiale des compositions prestigieuses
  • sur des équipes de chercheurs de très haut niveau scientifique
  • sur des équipes de marketing dynamiques et habitués à travailler à l’échelle internationale.

Grasse et la parfumerie

GRASSE est en effet depuis la Renaissance – les premières distilleries y ont vu le jour à l’époque de Catherine de Médicis – une ville industrielle de première importance dans le monde de la Parfumerie car c’est elle qui fournit aux grands parfumeurs les plus belles essences florales grâce à son terroir et à son climat exceptionnels, au savoir-faire de ses salariés acquis de génération en génération, et à la connaissance quasi atavique des odeurs que possèdent ses parfumeurs et ses techniciens.

Certes, les choses ont bien changé au cours des siècles et même au cours de ce XXème siècle finissant, mais GRASSE a su évoluer avec son temps et s’adapter, tenir compte des contingences du moment et des tendances à long terme, ce qui lui permet de se préparer sans complexe à tenir sa place dans le monde du XXIème siècle, en anticipant le futur.

En 2018, L’UNESCO les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse ont été classés au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une reconnaissance immense pour les générations qui ont travaillé pour bâtir cet héritage et  l’histoire Mondiale de la Parfumerie.

En savoir plus : https://ich.unesco.org/fr/RL/les-savoir-faire-lies-au-parfum-en-pays-de-grasse-la-culture-de-la-plante-a-parfum-la-connaissance-des-matieres-premieres-naturelles-et-leur-transformation-l-art-de-composer-le-parfum-01207

Une communauté de producteurs est également fédérée grâce à l’association Les Fleurs d’Exception Du Pays de Grasse.

En savoir plus : http://www.fleurs-exception-grasse.com/?page_id=30

Les procédés de traitement

La distillation

 

La distillation est basée sur le fait que la plupart des molécules odorantes sont entraînables à la vapeur d’eau. Elle s’opère dans un alambic à double fond. Les végétaux à distiller sont chargés dans l’alambic avec cinq fois leur volume d’eau. La vapeur est générée par chauffage du double fond. Au contact de la fleur ou de la plante, elle se charge de l’essence volatile, chemine à travers un col de cygne pour être condensée dans un serpentin réfrigéré. Le distillat, mélange d’eau et d’huile essentielle, est récolté dans un vase florentin ou essencier (en métal ou en verre) permettant la séparation en continu de l’huile essentielle constituant la phase surnageante.

 

La distillation fractionnée

 

La distillation fractionnée permet également d’isoler un ou plusieurs constituant(s) d’une huile essentielle. Ces constituants sont appelé isolats, ils peuvent être utilisés en l’état pour renforcer un effet olfactif. Ils peuvent aussi faire l’objet de transformations chimiques donnant naissance à de nouvelles odeurs n’existant pas toujours dans la nature. Ainsi, à partir du citral extrait de l’essence de lemongrass, et qui a encore une odeur de citron, on aboutira par diverses réactions chimiques aux ionones qui ont, elles, un odeur de violette. De même, à partir de l’eugénol tiré de l’essence de girofle, on aboutira à l’iso-eugénol qui a une odeur d’oeillet.

L’extraction

 

L’extraction consiste à traiter la matière première odorante au moyen d’un solvant (hexane…). Ce procédé permet l’obtention d’une concrète constituée par l’ensemble des molécules du végétal, volatiles ou non, et représentant dans certains cas une note olfactive plus proche du végétal que l’huile essentielle. La méthode est simple : par lavages successifs des végétaux dans un appareil appelé extracteur, le solvant se charge de leur parfum. Il chemine à travers un décanteur et un filtre, ceci pour débarrasser le solvant de l’eau et des impuretés non solubles. Le solvant, chargé de la partie odorante ainsi purifiée, est évaporé dans un bouilleur pour recueillir, côté distillat le solvant et côté évaporateur un produit plus ou moins figé appelé concrète. Dans certains cas, le solvant peut

être encore chargé de parfum. Il sera récupéré et renvoyé dans le cycle de fabrication tandis que la concrète mélangée à l’alcool sera brassée, filtrée, glacée entre -12 et – 15°C, puis à nouveau filtrée pour la séparer de ses cires végétales non solubles dans l’alcool. Une ultime évaporation, sous pression réduite, permettra enfin d’obtenir l’essence pure dite absolue. L’extrême concentration de ce produit (une tonne de fleurs de jasmin fournit environ 1.5 kg d’absolue) explique son prix considérable.

Les concrètes sont transformées en absolues, car elles ne sont utilisables en parfumerie alcoolique que sous cette forme . Quant aux huiles essentielles, elles peuvent être traitées par rectification sous vide, consistant à distiller toutes les parties volatiles en recueillant l’ensemble du distillat. On obtient ainsi un produit plus clair pouvant avoir parfois une meilleure solubilité dans l’alcool, tout en préservant la qualité olfactive du produit de départ.

On peut aussi procéder à une déterpénation, par distillation fractionnée. Ce procédé consiste à éliminer les parties terpéniques d’une huile essentielle, très peu solubles dans l’alcool.

Ces exemples montrent l’importance qui s’attache à une connaissance aussi poussée que possible des divers constituants des huiles essentielles, même ceux qui n’existent qu’à l’état de trace car ils donnent néanmoins parfois une note caractéristique aux produits. D’où l’importance des laboratoires d’analyse et de contrôle dans les entreprises qui utilisent les méthodes d’analyse les plus modernes et les plus sophistiquées, telles que la chromatographie liquide haute performance, la résonance magnétique nucléaire, la spectrométrie de masse ainsi que leurs combinaisons.